Dessiner sa place, entre livres jeunesse et écrans de cinéma
Se former, bifurquer, trouver sa voie
Son parcours ne suit pas une ligne droite. Après une prépa arts appliqués qui ne lui convient pas, elle cherche une formation plus concrète et plus proche du métier. Le BTS design graphique lui apporte ce cadre rassurant et professionnalisant, entre pratique des logiciels, culture visuelle et bases théoriques solides.
Très vite, un détail devient une évidence : « Je mettais de l’illustration partout. » Les enseignants pointent cette singularité. Le graphisme lui donne la méthode, mais son langage naturel passe par le dessin. Elle décide alors de prolonger ce fil en Belgique, en licence d’illustration, avec l’idée de mêler rigueur graphique et narration visuelle.
Un souvenir d’école reste structurant, les workshops. Un thème, un temps court, plusieurs réponses possibles : « Sur un même sujet, on pouvait tous faire des choses totalement opposées. » De là vient un réflexe qu’elle applique encore aujourd’hui, toujours explorer plusieurs pistes avant d’en choisir une.
Créer, transmettre, partager
Aujourd’hui, son temps se partage entre deux activités qui dialoguent. En freelance, elle illustre principalement des livres jeunesse, construit des storyboards, transforme un texte en séquence d’images: « On me donne un texte et je le décompose en images. »
En parallèle, elle travaille dans un cinéma associatif. Communication visuelle, programmation jeune public, ateliers après les séances. L’image sort du livre pour devenir expérience collective. Son premier album publié, issu de son projet de fin d’études, reste une étape fondatrice. Le voir en librairie puis l’utiliser comme support d’ateliers donne une autre dimension à son travail : « Le premier, c’est celui qui prouve que ça peut exister pour de vrai. »
Ce qu’elle défend dans le métier tient moins à la performance qu’à l’attitude. S’adapter, écouter, garder un regard critique sur soi-même : « Il faut savoir s’adapter au discours du client et rester curieux au-delà de sa discipline. »
Sur l’intelligence artificielle, elle pose une limite claire. Outil d’aide possible, pas moteur de la création : « J’espère qu’on l’utilisera pour faciliter, pas pour remplacer. » et développe en disant : « Le projet perd son sens si on enlève la part humaine de la création. »
Dans les années à venir, elle se voit moins seule derrière un écran et davantage en interaction avec les publics. Plus d’ateliers, plus de médiation, toujours des livres mais pensés comme points de départ de rencontres : « Que l’art vienne vers le public. »
Aux futurs étudiants en design graphique, elle rappelle que la discipline est un socle, pas une case : « Ce n’est pas grave si on ne finit pas en agence de com. » Le diplôme ouvre des portes mais n’écrit pas le parcours : « Le travail ne s’arrête pas une fois le diplôme obtenu. »
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